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Souad Labbize

Grâce à LEAR, le lycée Valin a reçu la poétesse Souad Labbize le mercredi 16 mars 2022. Deux classes de seconde, S02 et S04, l’attendaient avec impatience. Les élèves ont ensuite rédigé reportages et interviews pour mettre en lumière ce qu’ils avaient retenu de cette rencontre.

L’univers de Souad Labbize

Le mercredi 16 mars 2022, de 10 heures à midi, le lycée Valin a accueilli une écrivaine originaire d’Algérie qui se nomme Souad LABBIZE. Au début de cette conférence, les élèves de 2nde 02 et 2nde 04 lui ont proposé un spectacle : une lecture de quelques-uns de ses poèmes, extraits de Brouillons amoureux et de Je franchis les barbelés. Après les remerciements de la poétesse visiblement touchée, l’échange a pu commencer.

Souad Labbize a vécu toute sa jeunesse à Alger, elle a fait des études de lettres car elle est passionnée par l’écriture depuis le lycée. Après l’université, elle quitte son pays d’origine pour aller faire du bénévolat en Allemagne puis retourne en Algérie. Ensuite elle décide de partir en Tunisie à l’âge de 26 ans, puis choisit de la quitter pour la France.
Lors de notre rencontre, un élève lui a demandé quelles étaient ses émotions lorsqu’elle écrivait et elle nous a raconté une anecdote qui a été un tournant dans sa carrière. Elle avait commencé à écrire de la poésie en seconde, puis des récits en terminale. Mais après avoir montré ses textes à sa professeure de lettres en faculté, elle fut découragée par ce que cette dernière lui avait dit, et décida d’arrêter d’écrire. Sa professeure avait jugé qu’il ne fallait pas écrire sur le coup de l’émotion, mais seulement après avoir réussi à calmer ce que l’on ressentait. Souad Labbize a mis longtemps avant de recommencer à créer, et n’a proposé sa première publication qu’à 45ans, soit 26ans après cet évènement.
Entre ces deux périodes cette femme a vécu longtemps dans la précarité puis a été professeure de français, elle nous a d’ailleurs confié qu’elle ne voudrait plus exercer ce métier car cela ne lui correspondrait plus. Il y a 20 ans, elle est arrivée en France, à Toulouse plus particulièrement, et compte y rester un certain temps.
Aujourd’hui elle ne vit pas de ses œuvres. Quant à ses traductions, elle a précisé qu’elle marchait au coup de cœur et qu’elle n’était encore pas dans la démarche de gagner de l’argent, comme lorsqu’elle a traduit les Lettres à Samira, ouvrage paru en 2021. Elle choisit en effet ce qui lui semble important comme les lettres que son ami syrien Yassin Al Haj Saleh a écrites à son épouse kidnappée dans l’espoir de pouvoir la retrouver un jour. Souad a donc traduit en français et d’abord pour la presse – Le Monde – chacune de ces missives écrites de 2017 à 2019 pour qu’un grand nombre de personnes dans le monde entier puisse lire et être informé de ce qu’il se passe en Syrie. Elle a conclu qu’il fallait écrire par passion et non dans l’idée de devenir « riche ». Et elle nous a donné un exemple concret en nous expliquant qu’actuellement, elle avait des aides financières comme le R.S.A, et qu’un auteur ne touchait qu’un faible pourcentage du prix d’un livre : 20%.

Dès le début de notre rencontre, elle nous a raconté qu’elle écrivait dans son lit avec un bon café. La plupart de ses récits parlent de la place de la femme dans la société et dans le monde comme dans un de ses livres où sont réunies sept nouvelles. Elle en a d’ailleurs lu une à une assemblée très attentive.
Quant à ses poèmes, Souad Labbize les écrit en vers libres pour casser les codes de l’écriture et avoir plus de liberté. Elle a souligné aussi le fait qu’elle mettait beaucoup de temps à réécrire car elle essayait de faire le maximum pour que ses textes soient les plus courts possibles. Elle trouve que savoir résumer est essentiel parce qu’il suffit de très peu de mots pour dire des choses importantes.

La conférence s’est terminée par une séance de dédicaces. Des élèves de 2nde 2 option arts plastiques ont offert à Souad Labbize des affiches originales créées pour annoncer cet événement dans le lycée.

Merci à Séraphine, Inès, Sasha, Alexia, Lou, Louna, Emilie pour la rédaction du reportage.
Merci à Sophie et Jessica pour le titre.